“Détournés !” – Episode #7
Muriel Robin, comédienne, humoriste, actrice césarisée, militante engagée, son image publique est construite sur des décennies de travail artistique et de prises de position. C’est cette crédibilité accumulée, cette familiarité que des millions de Français entretiennent avec elle, que des réseaux criminels ont décidé d’exploiter en fabriquant des deepfakes à son image pour promouvoir des arnaques financières et des fausses cures de santé.
Contrairement à d’autres célébrités qui ont pu ignorer ou minimiser le phénomène, Muriel Robin a choisi de réagir publiquement et fermement. Elle a dénoncé ces détournements auprès de ses fans, alerté les médias et déposé une plainte pénale.
Les faits : quels contenus frauduleux ont circulé au nom de Muriel Robin ?
Des publicités mensongères ciblant des publics vulnérables
Les deepfakes utilisant l’image de Muriel Robin ont principalement pris la forme de publicités vidéo sponsorisées diffusées sur les réseaux sociaux Meta (Facebook et Instagram). Dans ces clips, la comédienne semblait recommander avec enthousiasme des produits variés : compléments alimentaires promettant une perte de poids rapide, huiles ou crèmes aux vertus thérapeutiques non prouvées, et dans certains cas, des plateformes d’investissement automatisé en ligne.
Le ciblage publicitaire de ces contenus frauduleux était précis : femmes de 45 ans et plus, centres d’intérêt liés à la santé, au bien-être et à la culture. Un profil démographique dans lequel Muriel Robin jouit d’une reconnaissance et d’une affection particulièrement fortes, ce qui n’est pas un hasard.
La réaction publique de Muriel Robin
Face à ces détournements, Muriel Robin n’a pas attendu que le phénomène se résorbe de lui-même. Elle a pris la parole publiquement pour alerter ses fans, expliquant clairement qu’elle ne recommande aucun produit via les réseaux sociaux et que toute vidéo la montrant faire la promotion d’un produit ou d’un placement financier est nécessairement un faux. Elle a également annoncé avoir déposé une plainte pénale.
Contexte : une « épidémie » de deepfakes
Une tendance en accélération
Le cas de Muriel Robin n’est pas isolé. En France, de nombreuses personnalités ont été victimes de détournements similaires : Cyprien, Florent Pagny, Karine Le Marchand, Stéphane Plaza, ou encore des personnalités politiques comme Emmanuel Macron et des chefs d’entreprise comme Bernard Arnault. À l’échelle internationale, des figures comme Elon Musk, Taylor Swift ou le roi Charles III ont fait l’objet de campagnes deepfake massives.
Selon le rapport State of Deepfakes 2023 publié par la société de cybersécurité Home Security Heroes, le nombre de vidéos deepfake en circulation dans le monde a augmenté de 550 % entre 2019 et 2023, une progression qui reflète avant tout l’explosion des contenus à caractère sexuel non consentis, qui représentent 98 % de la production deepfake totale. Parallèlement, les usages frauduleux à des fins d’escroquerie financière, de fausses publicités ou de désinformation politique constituent une part croissante et documentée des incidents liés aux deepfakes.
Les recours disponibles
Le dépôt de plainte
En déposant une plainte pénale, Muriel Robin a enclenché un processus judiciaire qui peut mobiliser plusieurs qualifications cumulables : usurpation d’identité, atteinte au droit à l’image et à la vie privée, escroquerie aggravée, publicité mensongère, pratiques commerciales trompeuses.
Les voies procédurales parallèles
En complément de la plainte pénale, plusieurs démarches parallèles peuvent être envisagées, notamment :
- Mise en demeure des plateformes par voie d’huissier, exigeant le retrait immédiat des contenus frauduleux sous astreinte journalière.
- Signalement à l’ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique)
- Saisine du juge des référés
- Action auprès de la CNIL si des données biométriques ont été traitées sans consentement.
Les défis de l’identification des auteurs
La principale difficulté des procédures judiciaires dans ces affaires reste l’identification des auteurs. Les réseaux qui produisent et diffusent ces deepfakes opèrent derrière des VPN, des serveurs relais et des structures d’hébergement offshore.
Conclusion
En choisissant de ne pas se taire, Muriel Robin a accompli bien plus qu’une démarche juridique personnelle. Elle a mis en lumière un phénomène qui touche des milliers de personnalités et dont les victimes directes, les personnes arnaquées, sont souvent les plus fragiles.
Mais la résistance efficace contre les deepfakes ne peut reposer sur le courage individuel seul. Elle requiert des outils technologiques adaptés, un cadre juridique clair et des solutions de certification capables d’établir des preuves d’authenticité incontestables.
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